Les deux côtés de la rue
Création à Eghezée, le 28 mai 1998, par les élèves de l'école Fondamentale
Lauréat du Concours d'écriture "Une scène pour la démocratie", 1998
Entre coups de gueules et coups de pattes, deux chiens croquent un tableau caustique sur la société, les différences et les injustices. Inutile de chercher l'erreur : une fois de plus, l'auteur utilise sa plume pour rapprocher les humains.
Extrait
| Lui | Si je comprends bien, tu es une clocharde. |
| Elle | On dit: "indépendante". Gino et moi, on est "indépendants"... Et toi, ça consiste en quoi, "accompagnateur"? |
| Lui | Moi, je n'ai rien à faire. |
| Elle | Rien à faire? |
| Lui | Je n'ai qu'à accompagner madame Germaine. Elle a soixante-cinq ans, et elle n'ose plus sortir toute seule. Alors, je la promène. Tous les après-midi. Par sécurité, je la tiens au bout d'une laisse. |
| Elle | C'est tout? |
| Lui | À part ça, je reste couché au salon, dans un panier avec un matelas et une couverture. |
| Elle | Elle te paie pour ça? |
| Lui | Quatre repas par jour. |
| Elle | Alors, là, comme planqué! |
| Lui | Et un extra le dimanche. |
| Elle | Quoi? Tu travailles le dimanche? |
| Lui | C'est ma grosse journée. Elle sort l'après-midi, et encore après quatre heures. |